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LE SOMMEIL DE NOSSON

Une page de récits fictionnels de moments épars biographiques recousus ensemble le temps d’un été

Étant fascinée par l'effort des palindromes, je propose de décliner EnroC sous forme de clichés photographiques glanés, lors de mes dérives urbaines. Cette collection de petits rochers capturés est  ensuite modifiée par des manipulations infographiques aléatoires. Elle s'étoffe de quelques vers furtifs, écrits à la hâte, dans les ronces de l'attente des gares urbaines. Je ne demeure pas insensible aux anagrammes. Ce qui fera œuvre de cette expérience? Je l'ignore encor car non repue des variantes poétiques que m'insuffle la non thématique. Cette déclaration de note d’intention en vue de contribuer à une revue bruxelloise, tout l’été, me laissa pantoise. Les temps d’attente avaient laissé place à la langueur de l’été et tout comme le chat roux chez qui j’habitais, l’envie de la paresse m’insuffla d’autres priorités que de féconder l’ennui par des dérives urbaines comme me le murmurait Paul Valéry. Loin des roches, des rochers, des cailloux, des palimpsestes, refaisant à loisir les sentiers de Cézanne, jamais lassée ni des pommes, ni de leurs vers subtils, éclos dans la boîte, qui du fruit, pomme ou kiwi, jamais ne semblent sortir du noyau, des pépins, des grains en grappe des raisins de l’affable. De l’autre côté du lit, je lisse les tours et les détours, des lignes et des contres lignes, des loges que l’on déloge sans éloges. Je compte, surprise, les répétitions des mots « urbaines » et « dérives » dans la page et savoure l’effroi qu’ils ne sont plus trois, à ce moment précis de la page. Je souffre d’une absence de rimes riches, je me soigne à coups de pinceaux sur la peau. Le mois d’août ayant dépassé le zénith, je frissonne déjà de l’encre sèche de l’automne et nul souvenir du palindrome. Jeune Ada, coloc d’un félin pop, je rêve des sèves d’un été sous les chants du ara qui sommeille près d’un kayak, sur la rive gauche du Mékong. Et dans la chambre, entre les sons du udu et les draps froissés, dort  Nosson.

Le sommeil de Nosson, 2016

Le sommeil de Nosson, 2016

Tag(s) : #Texte, #Photographie
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